Metropolitan Opera House

Les nouvelles informations le situent bien cette fois avec la compagnie du Metropolitan Opera House. Il débuta le 11 novembre avec l’”Opera Caravanning”, à Philadelphia avec un Faust aux côtés de Fédor Chaliapine et Giovanni Martinelli. Et, tout de suite après, au siège social du Metropolitan à New York, du 16 novembre 1924 jusqu’au concert final de saison, le 19 avril 1925. Pendant cette étape il a chanté avec d’importants chanteurs comme Beniamino Gigli, l’espagnol José Mardones, Amelita Galli-Curci, Miguel Fleta, Armand Tokatyan, Giacomo Lauri-Volpi et un long etc. Et au milieu de cela, un concert, lui tout seul, au Carnegie Hall.

Il y a un article dans un journal américain, en espagnol, concernant la prochaine apparition au Metropolitan de New-York, de Vicente Ballester. C’est surtout intéressant parce qu’il nous donne un point de vue sur Vicente, sur qui il nous manque tellement d’informations personnelles: «Chantera-t-il? Ne chantera-t-il pas? Si le docteur l’autorise, avec un grand plaisir il nous permettra d’écouter sa voix magistrale. Si le docteur le lui interdit, il ne lui restera d’autre solution que nous offrir son sourire à travers les fameux «quevedos» (lunettes semblables à celles que portait l’écrivain espagnol Quevedo) popularisés par USABAL…. (et il finit après trois élogieux paragraphes)… Ballester n’a pas seulement une grande valeur par ses qualités artistiques, mais aussi par sa ténacité à travailler de manière à fatiguer le pianiste le plus résistant qui l’accompagne. Pouvoir écrire au dos de son contrat le nom de 42 opéras c’est quelque chose que peu d’artistes peuvent faire à la fin d’une longue carrière. Et Ballester est jeune. La crème de la crème des colonies espagnoles veut lui dire comment ils pensent le recevoir lorsqu’il va se présenter sur le Metropolitan». Il y a d’autres articles très élogieux en attendant sa prochaine présence au Met. On le considérait internationalement célèbre et l’un des meilleurs barytones du monde.

Représentations aux Etats Unis: le barytone a dosé ses apparitions

Une fois la saison au Metropolitan finie, il y a participé à Ann Arbor, dans l’Etat du Michigan, le 23 mai, dans le «Musical Festival». Il a chanté La Gioconda en concert.

Sa prochaine apparition a lieu au mois de novembre. Je ne sais rien de lui pendant ces trois mois. Une seule opéra Otello, le 6 novembre au Manhattan Opera House de New York, dont l’empresario est Anthony Bagarozy. Un détail très curieux que je n’ai pas pu développer: un journal d’Amérique du Nord commente que Ballester va participer à la présentation d’Anthony Bagarozy avec l’Otello de Verdi, au bénéfice de la Fondation de la Maison italienne de la Columbia University ce 6 septembre. Le hasard veut que Bagarozy figure comme représentant de Vicente depuis ses premiers contrats avec le Met, déjà en 1918.

Avec la Los Angeles Grand Opera Association Vicente a chanté dans cette ville deux opéras seulement: Rigoletto et Cavalleria Rusticana le 30 septembre et le 5 octobre. Il a été présenté comme barytone du Metropolitan Opera House. Le directeur de scène de la compagnie, en plus d’y figurer comme chanteur, est Désiré Defrère, avec qui Vicente avait coïncidé plusieurs fois. Il y a un commentaire dans un journal au sujet du Rigoletto où l’on dit que la caractérisation du bossu bouffon que présente Ballester ne pourrait être que très peu égalée, exception faite de celle de Titta Ruffo.

Du 12 octobre jusqu’au 7 novembre, Vicente parcourt plusieurs villes américaines. Tout a été des concerts. Peut-être pour une question de santé, le fait est que mon grand-père a dû organiser petit à petit sa profession vers les concerts. Dans celui du 2 novembre, lui et Maria Kurenko ont fait partie des artistes qui participaient dans ce qu’on appelle les «Auditorium Artist Series» qui avaient lieu au Philarmonic Auditorium de Los Angeles. Aussi bien avant qu’après les représentations, les commentaires de tous les journalistes sont énormément élogieux et remarquent son originalité quand il présente ses personnages.

Ainsi qu’illustre un article de la revue “Cine Mundial” de janvier 1926, pendant son séjour à Los Angeles Vicente a fréquenté certaines «stars» du septième art. Selon ce que disaient ses fils, mon grand-père était un ami personnel des frères John, Lionel et Ethel Barrymore, de Bebe Daniels et d’autres dont ils ne se souvenaient pas des noms.

Et, à nouveau, silence jusqu’au début mai 1926 lorsqu’il a participé avec la compagnie d’Alfredo Salmaggi au Manhattan Opéra House. Il a chanté Otello avec sa compatriote Fidela Campiña et Antonio Paoli.

1922 01 19 Chicago Vicent Ballester Retrat Musical Courier  1922 06 03 Diari San Francisco Call and Post

19 janvier 1922, Chicago

Portrait au "Musical Courier"

3 mars 1922

Journal "San Francisco Call & Post"

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